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Apposition ou tournure emphatique?

Cheikh NDIAYE*

 

Résumé

L’apposition, en tant que tournure emphatique, consiste essentiellement en une répétition jugée plus éloquente, plus expressive. Par l’anaphore lexicale ou pronominale qu’elle instaure, elle procède d’une intensification et d’une insistance dont le but est de mettre en exergue  un élément de l’énoncé. Pour cela, elle fonctionne comme une tournure stylistique visant à attirer l’attention de l’allocutaire sur un élément du discours que le locuteur ne voudrait pas laisser passer de manière neutre. Elle n’est pas alors une simple construction syntaxique, mais plutôt une tournure stylistique qui vise à agir sur le destinataire du message.

Mots clés : anaphore, emphase, cadrage, disjonction, intensification, antéposition, postposition, informatif.

 

 Abstract 

            Apposition as an emphatic form mainly consists of a repetition considered more eloquent and more expressive. Instituting a lexical or reflexive anaphora, it proceeds both from an intensification and an insistence whose goal is to emphasize one element of the wording. Hence, it works as a stylistic form used by the speaker to put the stress on one element of the speech he would like the addressee to notice. Thus, it’s rather a stylistic device than a mere syntactic structure, and its purpose is to impact on the person addressed.

Key words: anaphora, emphasis, framing, disjunction, intensification, anteposition, postposition, informative

     

Introduction

Un retour sur le mécanisme et le principe de l’apposition ainsi que sur ses effets stylistiques nous amène à penser qu’elle constituerait une forme de mise en relief, disons plus précisément une construction emphatique, par opposition à la phrase neutre.

Cependant, nous consacrerons essentiellement cette étude à l’apposition nominale et à l’apposition pronominale. Cela ne veut pas dire que nous refusons à l’adjectif qualificatif la fonction appositive, même si celle-ci fait l’objet d’une querelle d’écoles[1] . Certains, comme George Galichet,[2]  ne lui reconnaissent que les fonctions « épithète » et « attribut ». Il le dit évidemment contre Albert Dauzat[3]  qui affirme que : « l’épithète peut être détachée entre virgules, en apposition ». Le détachement qui est son seul mode de construction appositive l’expose plus que les autres termes, en le mettant en exergue. Mais cet adjectif n’a de valeur que par rapport à un terme qu’il détermine et qui lui donne ainsi un sens. Par conséquent, l’adjectif apposé, quoi qu’il est détaché, ne met pas en relief un quelconque élément ; sa position ne fait que l’exposer lui-même et sa fonction expressive se limite à caractériser un nom. Donc son sémantisme ne lui appartient pas, et l’interprétation le ramènerait à celle de l’adjectif attribut où à des constructions similaires.

« Abdoulaye Diop « daguit », comprenez le ministre des finances, fâché, semblait pris au piège de Maître Babou qui lui demandait de fournir des preuves à l’appui »

= « Abdoulaye Diop « daguit », comprenez le ministre des finances, qui était fâché,

 

D’ailleurs, ce sont des contraintes syntaxiques qui ont exigé le détachement. L’adjectif étant séparé du « déterminé » par un syntagme verbal, seule la virgule ou l’usage du pronom relatif peuvent permettre de rétablir la solidarité avec le déterminé. La virgule permet le réalignement, c'est-à-dire le parallélisme ; le pronom relatif permet une anaphore. Ainsi la mise en apposition de l’adjectif serait un cas particulier de la syntaxe de la phrase.

Quant aux autres cas d’apposition, nous distinguons après la nature (apposition nominale ; apposition pronominale), l’apposition immédiate (juxtaposée) et l’apposition éloignée (avec disjonction). Selon la construction, on a recensé six cas dont les quatre sont évoqués par Andréas Blinkenberg[4]. Il a pris essentiellement comme critères différenciateurs : la pause, l’article et l’ordre des mots, ce qui lui a permis  de construire  les  schémas suivants :

  1. Le professeur X = (déterminant + déterminé)
  2. X, le professeur = (déterminé + déterminant)
  3. X professeur = (déterminé + déterminant)
  4. Professeur, X = (déterminant + déterminé).

 

Nous nous rendons compte, alors, que Blinkenberg définit l’apposition entre autres comme ayant une fonction déterminative.

 

I. L’apposition nominale

Ce ne sont pas toutes les formes d’appositions qui produisent nécessairement une emphase ou une mise en relief et on aura à le voir au cours du développement.

Selon les structures, on trouve l’apposition postposée et l’apposition antéposée.

 

I.1. L’apposition postposée.

Toute position étant relative à celle d’un autre élément, parler de l’apposition postposée implique un devoir de préciser ou de nommer le ou les éléments auxquels elle est postposée. La manière la plus simple serait alors de dire ce qu’est l’apposition et comment elle fonctionne.

C’est un procédé qui consiste à mettre en rapport deux mots ou deux groupes de mots, un mot et un groupe de mots désignant et représentant exactement le même référent.

C’est pourquoi G. Galichet[5] parle de mise en équation, autrement dit est un rapport d’égalité ou de caractérisation mutuelle comme une mise en équation. S’il n’y a pas disjonction, elle se présente sous la forme d’un couple de mots ou de groupes de mots dont l’une des parties est appelée le recteur ou le support, selon J G Tamine ,[6] et « déterminé », selon Blinkenberg[7].

Alors la postposition et / ou l’antéposition dont nous parlons se définissent en rapport avec le recteur, c'est-à-dire le terme principal.

Chacun de ces auteurs a caractérisé l’apposition (le terme mis en apposition) d’une manière singulière. J G Tamine la conçoit entre autres par le caractère de l’information qu’elle est censée apporter par rapport au support qui constitue la première information.

Blinkenberg, en toute cohésion avec le nom de déterminé qu’il donne au terme support, parle de déterminant. Galichet, lui, va donner une caractérisation d’une manière beaucoup plus prudente en parlant de fonction mixte qui vacille entre la caractérisation et la détermination. Pour mieux cerner alors tous ces points de vue, nous étudierons le fonctionnement à travers des exemples.

1 « Alpha Sall, le secrétaire général du synpic s’est dit surpris par la tournure prise par les événements alors que Wade avait lui-même assuré de surseoir à toutes poursuites de journaliste en attendant cette rencontre qui était sur le point d’être tenue »

( Le matin du mercredi 14 juillet 2004,  p.3)

 

2 « Les élèves ont eux aussi des préjugés. Ils estiment que le latin est difficile. Or beaucoup d’entre eux, les meilleurs élèves, ont étudié les lettres classiques, indique Mame Marie Ndiaye Seck, professeur de lettres classiques au lycée Lamine Guèye de Dakar. »

(Le soleil du jeudi 22 mai 2003, p.11)

 

L’interprétation et l’analyse de ces énoncés suppose qu’on circonscrive le type d’allocutaire. Deux types d’allocutaires peuvent être concernés par ces énoncés : quelqu’un qui connaît ou qui est supposé connaître les termes supports (thèmes) que sont « Alpha Sall » et « Mame Marie Ndiaye » ; un autre interlocuteur qui ignore ou qui est supposé méconnaître ceux-ci.

Le fonctionnement de l’emphase ne serait pas le même suivant tel ou tel cas de figure. Ainsi, pour celui qui connaît bien « Alpha Sall » ou « Mame Marie Ndiaye », l’apposition ne lui aurait apporté aucune information nouvelle, donc le contenu prédicatif est vide et apparemment sans effet sur lui. Il ne l’aide aucunement à éclairer le thème ou le recteur. D’ailleurs, l’allocutaire peut en savoir plus que son interlocuteur. C’est comparable aux formules « Monsieur X », « Madame Y » ou « Serigne[8] X » … qu’on rencontre couramment et qui finissent par former une sorte de nom global et unique. Dans ces cas de figure, l’apposition ne sert pas à mettre en relief.

Dans le cadre d’un interlocuteur qui ignore le terme sur lequel porte l’apposition (le thème dont on parle) ou que le locuteur suppose être dans un tel cas, l’apposition sert beaucoup à éclairer, donc à mettre en relief le support de l’apposition.

Ainsi à chaque fois qu’un interlocuteur perçoit un tel cas d’apposition, il fait une relecture du thème, car il a d’autres éléments qui lui permettent de le déterminer ou de l’apprécier. Et, contrairement au premier cas expliqué, l’apposition ne passe pas inaperçue ; elle est plutôt nécessaire à la compréhension par l’éclairage qu’elle apporte au thème, lequel éclairage relève d’une volonté de mise en relief, sinon on n’aurait pas besoin du double emploi.

Cette apposition postposée se fait le plus souvent par des groupes nominaux comme le montrent les exemples précédents. Ces groupes de mots apposés ne peuvent pas être disjoints de leurs supports en ce sens que toute disjonction participerait à amplifier un des membres du couple de l’apposition. Nous parlons de couple tout en sachant que  l’apposition peut être récursive, comme on peut le  mettre en évidence dans les exemples suivants :

1- «  Mame Marie N’diaye Seck professeur de lettres classiques au lycée Lamine Guèye de   Dakar »

1 a Mame Marie Ndiaye Seck, premier professeur de lettres classiques              

1 b Mame Marie Ndiaye Seck du Sudes[9], professeur de lettres   classiques

2- Alpha Sall secrétaire général du Synpic

2 a Alpha Sall,actuel secrétaire général du synpic

2 b Alpha Sall du « Soleil »[10], secrétaire général du synpic  

 

Dans les exemples « 1 a »  et « 2 a », ce qui pourrait être considéré comme disjonction (premier, actuel) s’est intégré aux membres qui constituent l’apposition ; tandis que dans « 1 b » et « 2 b », les éléments intercalés  deviennent partie intégrante du support. Ces manipulations prouvent que la disjonction est impossible car ce qui est intercalé ne fait qu’amplifier un des membres de l’apposition. Il n’a pas une autonomie par rapport aux groupes déjà existants.

 

I.2. L’apposition antéposée

On entend par apposition antéposée, l’apposition qui précède le recteur. Autrement dit, il s’agit d’une prédication anticipée comme dans les exemples suivants :

 

1 «Le président du gouvernement espagnol José Maria de Aznar a lui aussi fait part de sa détermination à Bush qui lui a téléphoné pour lui présenter ses condoléances, de poursuivre sa lutte contre le terrorisme. »

(Le soleil lundi 1er décembre 2003 P 18)

 

2 « Le leader des forces nouvelles, Guillaume Soro avait lui-même effectué des visites dans ces deux pays et des leaders politiques ivoiriens ont été également reçus ces derniers jours à Accra ».

(Sud Quotidien du lundi 03 novembre 2003, p.9)

 

3 « Le fils de Oussaï, Moustapha,  abattu dans la ville de Mossoul tout comme son père et Oudaï, a lui aussi été inhumé dans ce cimetière.

(Sud quotidien du 4 août 2003, p.9)

 

4 «  Le représentant américain au commerce Robert Zoellick a, lui aussi, constaté des points de convergence. Mais il reste beaucoup de travail à faire a-t-il admis devant les journalistes ».

(Le matin du mercredi 14 juillet 2004, p.4)

 

La position des groupes de  mots mis en apposition en tête de phrase nous pousse à reprendre la pertinente question de J G Tamine [11] : « l’ordre des mots ou l’ordre de la pensée ? ». Cette question est d’autant plus intéressante que ces groupes de mots antéposés ont des caractéristiques prédicatives. La question, qui date de longtemps, a été diversement résolue à travers les siècles et les langues concernées.

En traitant de la question, J-G Tamine s’appuie sur la Grammaire de Port Royal dont les auteurs affirment qu’il existe un ordre mental approximativement reflété par les différentes langues. La langue serait alors conçue pour exprimer la pensée d’une manière plus ou moins fidèle.

Pour eux alors, l’ordre des mots correspond à l’ordre des idées. Ces auteurs peuvent aussi être confortés par Albert Dauzat [12] qui justifie l’ordre des mots par plusieurs facteurs parmi lesquels il cite la logique et la psychologie. Il est catégorique : « l’ordre des mots c’est l’ordre des idées » ou encore « la phrase française est une suite d’explications dont chacune se classe avant que la suite ne soit amorcée ».

Alors, seules des motivations rhétoriques pourraient justifier la modification de cet ordre qu’il  présente selon le model : « sujet logique + prédicat ». Les grammairiens du XVIIIe siècle seront contre cette conception classique. J G Tamine citera Condillac  qui a inversé le principe. Ce n’est pas alors la pensé qui conditionne le langage mais le langage qui organise les idées. Le débat sur la question est complexe et notre propos n’est pas de le restituer, ni de faire l’arbitre. Il demeure avéré cependant que, selon les besoins de communication ou d’expressivité, le locuteur peut mettre en tête de phrase ce qu’il a jugé plus important, plus frappant et plus attractif pour l’allocutaire.

Ainsi, quelle que soit la position de telle ou telle école sur l’ordre des mots, cet ordre peut obéir à des facteurs rhétoriques et pragmatiques ; donc il peut relever de l’emphase et de la mise en relief.

Ainsi, l’antéposition du prédicat, quand il correspond à l’apposition, serait une anticipation sur la conscience de l’allocutaire, qu’il enferme dans un cadre bien limité. C’est ce que nous avons dans les exemples ( 1) et ( 2 )

1 « le président du gouvernement espagnol = José Mario Aznar »

2 « le leader des Forces Nouvelles = Guillaume Soro. »

 

C’est parce que l’information apportée par le groupe de mots mis en apposition, comme on l’a déjà dit, peut être nouvelle pour l’allocutaire, mais sa nature concrète (référence) ne peut pas être plurielle. On a un « président » et un « leader » et le support de l’apposition ne sert pas alors à la délimiter, car l’information est de nature délimitée et univoque. Il ne fait qu’apporter une précision  en sélectionnant un référent parmi plusieurs possibilités.

Mais, dans d’autres cas, quand le groupe nominal mis en apposition peut prêter à équivoque, le principe est inversé comme dans les exemples (3) et (4) du « I- 2 ».

3 – « le fils de Oussaï, Moustapha…. »

4-« le représentant américain au commerce Robert Zoellick »

 

Le prédicat apposé apporte certes une nouvelle information, mais elle demeure ambiguë au point que le support intervient pour la délimiter et la préciser. De manière plus concrète, les groupes de mots « fils de Oussaï » que nous avons dans l’exemple (3),  « le représentant américain au commerce » dans l’exemple (4), ne sont pas les seuls, du point référentiel et extralinguistique,  susceptibles d’être respectivement « fils » et « représentant ».

Sans le support de l’apposition qui cristallise l’information, elle serait floue par son caractère trop général. Il permet de délimiter et de circonscrire le prédicat. Le phénomène de mise en relief est lié à ce processus de sélection du référent qui se fait par l’action du support sur le prédicat.

Dans le premier cas où le prédicat est univoque, nous avons un cadrage ; la présentation du thème (du référent) sous une certaine forme (probablement la forme choisie et jugée adéquate pour séduire l’allocutaire) avant de placer l’objet (le terme support) dans un tel décor. Car, le décor et le cadre déjà fixés influencent forcément l’interlocuteur pour ne pas dire l’observateur. Dans le deuxième cas où le prédicat est imprécis, la mise en relief provient de la détermination et de la précision qui permettent d’identifier et, partant, de mettre en exergue le thème.Dans tous les cas, nous avons une orientation précise et définitive du prédicat (de l’information qui n’est pas obligatoirement nouvelle) sur un thème qui devient ainsi le centre focal de l’énoncé.

On a dit que l’information n’est pas toujours nouvelle  et un tel état de fait rend parfois ambigu le rapport entre les termes constitutifs de la mise en apposition à tel enseigne qu’il devient difficile de savoir le terme support ou lequel des deux met l’autre en relief.

Andreas Blinkenberg,[13] lui,  a fait appel à des critères suprasegmentaux telles que l’unité d’accentuation, l’absence de pause, pour faire apparaître le caractère « effacé » de l’apposition lié à la neutralité de l’information qu’elle apporte. Nous avons une apposition caduque qui va parfois jusqu’à créer une expression figée dans la communication, qu’on emploie spontanément sans besoin réel d’expressivité.

Ce type d’emploi se rencontre  avec les titres de dignité et de rangs socioprofessionnels dont on fait usage dans des situations où le locuteur n’est pas toujours plus informé que l’allocutaire.  D’ailleurs, il peut ignorer le sens des éléments mis en apposition.

1 «Rappelons que Serigne Modou Mbacké fils aîné Khalife de Serigne Abdou Khadre Mbacké fut lui-même rappelé à Dieu en 1990, après un an de khalifat sur la confrérie mouride »

( Sud quotidien du mardi 5 août 2003, p.6)

 

2 « Le président Senghor, professeur de lettres classiques, s’impliquait lui-même pour encourager l’enseignement du latin et du grec »

( Le soleil du jeudi 22 mars 2003, p.9)

 

Dans ces deux exemples, les termes « serigne » et « président » désignent certes les référents des noms qu’ils précédent, mais laissent indifférents les interlocuteurs non avertis et parfois même le locuteur. La preuve est que le terme apposé du deuxième exemple s’est complètement substitué au prénom du « président » : Léopold Sédar. Ces formes fonctionnent plutôt comme des épithètes à ces mots et non comme des termes parallèles et apposés.

La suite le confirme d’ailleurs car on a fait suivre cette apposition antéposée d’une autre qui est, elle, postposée et nettement caractérisante. La première qui correspond à l’antéposition dont nous parlons est stérile du point de vue de l’expressivité car elle s’est confondue avec le recteur.

Néanmoins, nous retiendrons, après les deux positions possibles (postposition et antéposition), que l’apposition peut être redondante et qu’elle peut encadrer le support. Tout dépend de l’intention du locuteur de peindre le maximum celui ou ce dont il parle pour le mettre en relief.

 « Le général Vincent Brooks, porte-parole du commandement américain au Qatar rappelle que si Washington envisageait d’administrer lui-même l’Irak dans un premier temps, il n’y resterait pas plus de temps qu’il n’est nécessaire »

(Sud quotidien du samedi 19 avril 2003, p.11)

 

Dans cet exemple, la double apposition a son importance dans la mise en relief du support (Vincent Brooks). La première le caractérise par sa hiérarchie dans le corps, ce qui fait qu’a priori l’allocutaire sait le grade de celui dont on lui parle.

La seconde caractérise par un rôle secondaire mais justificateur, et en toute cohésion, de l’information rapportée. Elle participe à la crédibilisation de l’information par l’usage de ce qu’on appelle, dans les normes du discours les éléments du protocole.

La ponctuation ne peut être occultée  à ce niveau car elle participe à la mise en relief, même si elle est parfois facultative comme l’ont révélé les exemples déjà étudiés. Mais nous en analyserons des cas spécifiques.

1 : « Devant un dossier sur lequel l’Etat n’a jamais joué clair, ni assumé ses responsabilités, le khalife général des mourides, Serigne Saliou Mbacké, a tranché. Il a renoncé à l’exploitation du ranch de Dolli dont une partie lui a été attribuée ».
(Walfadjri du lundi 8 décembre 2003, p.4)

 

La virgule peut être facultative quand l’une des parties constitutives de l’apposition est constituée d’un mot unique ou d’un groupe de mots fonctionnant comme un mot unique tels que les noms propres qui ne fonctionnent pas avec un article.  Ainsi dans l’exemple (1), l’apposition instaure un rapport de qualification entre les deux termes au lieu d’un strict rapport d’égalité.

Elle serait pourtant obligatoire si le groupe de mots mis en apposition n’était pas déterminé par un article :

« …Ø khalife général des mourides, Serigne Saliou  Mbacké a tranché…. »

 

Sans l’article, on sous-entend une sorte de circonstance :

«  Etant khalife général des mourides, Serigne Saliou  Mbacké a tranché…. »

 

Elle permet alors d’isoler autant le terme support que le membre caractérisant pour une mise en relief claire et nette. Quand nous avons deux mots ou groupes de mots qui forment une première apposition, toute autre apposition nécessite une virgule qui permet de l’aligner au même niveau que les autres. Dans ce cas de figure, la virgule est d’autant plus nécessaire que parfois le mot ou le groupe de mots apposé n’a pas de déterminant, ce qui rend impossible son intégration dans l’expansion de la première :

2 « Nous avons conçu une grande mission pour que les interlocuteurs puissent avoir une idée eux-mêmes, explique le Docteur Bristov, directeur exécutif de Rangold Ressources »

(Le soleil du jeudi 22 mai 2003, p.5)

 

Sans la virgule, l’enchaînement serait impossible car elle ne permettrait pas de rendre compte des unités fonctionnelles de la phrase. Seule la pause symbolisée par la virgule permet la délimitation et en même temps la mise en valeur de certains mots.

Il en est de même dans ce troisième exemple où la disjonction est causée par le complément du nom qui est une expansion de l’apposition : « Weder Brême » empêche la juxtaposition des membres de l’apposition.

3 « Le milieu de terrain turc du Weder Brême, Umit Davala, se conforme lui aussi aux préceptes de sa religion »

(Sud quotidien du lundi 3 novembre 200,3 p.7)

 

Dans cet exemple, autant les deux virgules isolent le nom « Umit Davala » en le mettant du coup en relief, autant elles permettent de le réaligner sur le même axe que le sujet du verbe dont il constitue l’apposition.

Enfin, les virgules, quand elles encadrent le syntagme mis en apposition, permettent d’éviter la confusion avec la mise en apostrophe quand le support de l’apposition est un nom propre.

Ainsi, dans ce quatrième exemple, c’est la deuxième virgule qui crée la mise en apposition.

4 « Abdoul Malal, le ministre de l’élevage, est un peul. Ses parents peuls ont voulu s’adresser à lui dans cette langue. En guise de réaction, un député Diola a choisi lui aussi sa langue maternelle. »

(Le populaire du vendredi 5 décembre 2003, p.2)

 

Si cette deuxième virgule était omise, on aurait une mise en apostrophe et l’expressivité recherchée à travers la mise en apposition serait manquée :

« Abdoul Malal, le ministre de l’élevage est un peul ».

 

 Dans cette phrase on voit que « Abdoul Malal » est l’interlocuteur alors qu’en réalité il est le thème, celui dont on parle. Il n’a plus le même référent que « le ministre de l’élevage ».

Néanmoins nous notons une interdépendance des virgules pour une syntaxe correcte de la phrase de sorte que l’omission de la première virgule et la présence de la deuxième rendraient l’énoncé agrammatical. Car la virgule provoquerait non plus un alignement du verbe au sujet mais une rupture de la solidarité sujet-verbe, elle sert aussi à restreindre le sens.

5 « Les Turcs devront se passer de plusieurs stars blessées. L’attaquant Hakan Sukur a lui aussi été laissé au repos »

(Sud Quotidien du jeudi 22 mai 2003, p.5)

 

La juxtaposition des deux termes apposés permet de spécifier le terme apposé dans une pluralité. En effet, si on oppose les deux phrases suivantes, on voit nettement la différence.

  1. L’attaquant, Hakan Sukur, a été au repos.
  2. L’attaquant Hakan Sukur a été au repos

 

La phrase (a), à cause de la virgule, restreint le sens du support au seul « Hakan Sukur » ; quant à la phrase (b), elle laisse entendre qu’il y’en a plusieurs.

Nous retiendrons néanmoins que la virgule, même si elle est parfois facultative dans l’apposition demeure incontournable. Et on l’a vu, elle est parfois obligatoire pour donner une précision, lever une ambiguïté, distribuer les groupes fonctionnels et rétablir la solidarité entre certains d’entre eux. Par son caractère isolateur, il détache certains termes dont il fait un foyer qui est éclairé par le reste de la phrase, d’où son effet de mise en relief.

 

II. L’apposition pronominale

Elle peut, comme l’apposition nominale, être postposée ou antéposée

 

II.1.L’apposition pronominale postposée

L’apposition pronominale postposée peut être immédiate, c'est-à-dire juxtaposée au support, tout comme elle peut être disjointe et parfois accompagnée de l’adverbe « aussi ».

 

II.1.1.L’apposition immédiate

Nous parlons d’apposition immédiate là où A. Blinkenberg[14] parle de cohésion par opposition à la disjonction. Nous entendons alors par apposition immédiate apposition par juxtaposition des termes. 

1 « Je ne pourrai jamais oublier la trahison dont j’ai été l’objet (…) ces jeunes filles, elles, ne croient en rien sinon à l’argent »

(Le Matin du jeudi 9 octobre 2003)

 

2 « Le président Abdoulaye Wade, lui, avait signé l’autorisation d’extrader vers la Mauritanie, le commandant Didi Ould M’hamed, lui aussi, accusé d’avoir participé au putsch manqué contre le régime de Ould Taya »

(Walfadjri du jeudi 31 juillet 2003, p.4)

 

De part et d’autre de ces exemples, nous avons une apposition pronominale (communément appelée emphase) immédiate et par conséquent brutale. La nature pronominale fait qu’elle n’est ni explicative ni informative. Elle est référentielle et intensificatrice car elle n’a pas le temps de rappeler quoi que ce soit à cause de la juxtaposition.

Tous ces facteurs font que l’apposition pronominale immédiate est une véritable mise en relief, une intensification relevant en toute logique de l’emphase. Car du moment qu’elle n’est ni qualifiante ni caractérisante, son seul rôle reste d’apporter un renfort à un terme déjà existant et ayant le même référent que lui.

 

II.1.2. L’apposition disjointe

Nous l’opposons à l’apposition immédiate à cause de son éloignement du terme support lequel éloignement n’entrave pas la coréférence.

1 « D’autres productions sont issues, elles, de faits qui se sont passés en Suède, en Angleterre et en mer adriatique »

(Walfadjri du vendredi 8 août 2003, p.9)

 

2 « Les lionceaux » ont pris la première place du groupe en direction des éliminatoires des jeux olympiques d’Athènes. Les « Flying Eagles » invaincus jusque-là enregistrent, eux, leur première défaite.

(L’info 7 du lundi 5 janvier 2003, p.8)

 

La structure appositive est disjointe par un syntagme verbal ou un syntagme adjectival (parfois par un syntagme prépositionnel). Contrairement à l’apposition immédiate, le pronom a ici un effet de rappel et d’actualisation. Il permet de mettre en relief un élément déjà énoncé en ce sens qu’il le rappelle au moment où on va lui attribuer une prédication. Ainsi dans les deux exemples que nous avons choisis, les pronoms apposés sont placés entre les verbes et leurs compléments.

Autrement dit, l’apposition met en relief le sujet qui apparaît sous la forme pronominale au moment même où on va énoncer l’objet ou la cause. Nous avons alors une doublure de sujets dont le second n’a pratiquement pas de fonction grammaticale, il a une fonction expressive et emphatique.

Parfois, elle permet d’éviter la scission de la proposition principale par la subordonnée relative en servant d’antécédent immédiat au pronom relatif ; elle opère en quelque sorte un classement des propositions de la phrase.

 « La connaissance du latin permet de s’ouvrir au monde et aux autres civilisations. Les Américains ne s’y sont pas trompés, eux qui, au lendemain du 11 septembre 2000 se sont rués dans les facultés et instituts où la langue du Coran est enseignée pour mieux comprendre la religion et la pensée musulmane »

(Le soleil du jeudi 22 mai 2003, p.9)

 

Sans le pronom « eux », ou s’il était placé en fin de phrase, tous les syntagmes ou groupes fonctionnels de la proposition principale ne pourraient pas être regroupés dans une seule suite ; il y aurait une scission de la principale et la phrase pourrait prendre la forme suivante :

…Les américains qui au lendemain du 11 septembre 2000 se sont rués dans les facultés et instituts où la langue du Coran est enseignée (…) ne s’y sont pas trompés (eux).

 

Ainsi le pronom personnel peut non seulement réactualiser le sujet en se plaçant devant le pronom relatif, mais il peut faire partie de la subordonnée quand il est précédé d’une pause. Ceci participe à la mise en relief car on a l’impression que le thème principal s’est dédoublé et s’est présenté dans le prédicat. On pourrait alors découper la phrase comme suit :

« Les Américains ne s’y sont pas trompés » : proposition principale.

« eux qui (…) se sont rués dans les facultés » : proposition subordonnée relative.

 

Le pronom « eux » qui est une anaphore du thème accompagne ainsi le pronom relatif, ce qui le rend plus apparent.

 

II.I.3.L’apposition disjointe renforcée par « aussi »

L’adverbe « aussi » confère quelques spécificités à l’apposition quand il vient renforcer le pronom. Quand le pronom apposé disjoint le complément de son verbe en se plaçant immédiatement après la préposition « pour », l’adverbe « aussi » devient une béquille nécessaire à l’apparition du pronom dans une telle position, un peu comme l’adverbe « même ». Mais contrairement aux autres formes d’emploi que nous verrons dans la suite, l’adverbe « aussi » ne peut pas servir de palliatif à la pause ; l’exemple suivant peut illustrer une telle analyse.

 Il va falloir attendre près de trois heures à l’aéroport avant d’avoir un vol à destination de Perpignan. D’autres confrères foulaient au même moment le sol de Perpignan pour, eux aussi, voir les moteurs de l’avion présidentiel.

(Sud quotidien du mardi 5 août 2003, p.2)

 

En fait l’enchaînement (sans pause), en même temps qu’il occulte la valeur d’insistance de l’anaphorique qui reprend un élément du segment co-textuel antérieur, rendrait floue la délimitation des groupes et des termes fonctionnels de la phrase :

D’autres confrères foulaient (…) le sol de Perpignan pour eux aussi voir les moteurs de l’avion présidentiel.

 

Par ailleurs, le pronom mis en apposition et accompagné de l’adverbe « aussi » permet de disjoindre le verbe de son auxiliaire, ou toute autre périphrase ayant la même distribution. Mais, à la différence des cas où le pronom est isolé ou précédé d’une préposition - ce  qui fait alors appel à une pause -  l’adverbe « aussi » peut constituer dans ce cas précis, au besoin, un palliatif à cette pause.

1 «  Les partis politiques signataires, à l’exception du front populaire ivoirien du président Gbagbo ont eux aussi dénoncé ces blocages. »

(L’actuel du jeudi 13 novembre 2003, p.5)

* Les partis politiques (…) ont eux Ø   dénoncé ces blocages

2 « Même les partis de la mouvance présidentielle ne peuvent y déroger,  appelés eux aussi à faire valoir la liberté d’opinion consacrée par la constitution de notre pays. »

(Xibaar 12 - 19 septembre 2003, p.4)

 

* « …Les partis de la mouvance présidentielle ne peuvent y déroger, appelés eux Ø à faire valoir la liberté d’opinion… »

 

A travers ces deux exemples, on voit nettement l’effet de l’adverbe par rapport à la virgule. Dans chacun de ces cas, nous n’avons pas besoin de pause (virgule) ; ni avant le pronom ni avant l’adverbe, ce qui serait inacceptable sans la présence de ce dernier. Néanmoins, on peut trouver des cas d’emplois où, malgré l’adverbe « aussi », le pronom s’emploie comme dans les cas ordinaires. Autrement dit, il ne provoque pas de disjonction entre l’auxiliaire et le verbe. Il aide à mettre en relief le pronom et surtout son référent par le parallélisme et la répétition implicite qu’il provoque.

 Plus au Sud, des soldats du 3e régiment blindé basés dans les villes de Falloudja et Ramadi en plein triangle sunnite ont lancé eux aussi une série d’opérations qui ont permis    de capturer 20 fidèles de Saddam Hussein

(Sud quotidien du lundi 04 août 2003, p.9)

 

On voit bien que, dans un tel exemple, la solidarité entre l’auxiliaire et le participe passé est restée intacte ; seul le complément est séparé du verbe.

 

II.2.l’apposition pronominale antéposée

Nous parlons d’apposition pronominale antéposée quand le pronom précède le nom auquel il est apposé.

1 « Les confrères font passer des éléments sonores que « Der la science » avait complètement oubliés. Histoire de lui rappeler qu’au fait d’inexactitudes décelées dans le livre de Latif Coulibaly, lui Der est victime d’amnésie »

(Le populaire du samedi 16 août 2003, p.2)

 

2 « La télévision sénégalaise a passé le film d’une « audience présidentielle » accordée au président du MFDC pendant laquelle le secrétaire général du mouvement des forces démocratiques de la Casamance « en otage » a lu un discours dont le contenu et l’idée ne sont ni de lui Diamacoune ni du MFDC proprement dit»

(Sud quotidien du vendredi 30 mai 2003)

 

Avant de traiter la question, il convient d’expliciter et de lever quelques ambiguïtés que peuvent comporter ces deux exemples. L’ambiguïté est que la notion d’antéposition pourrait être discutable si on ne fait pas une lecture fine,  car le terme référentiel au pronom est représenté deux fois dans l’énoncé : avant et après. La question demeure alors de savoir quel est le terme directement représenté par le pronom.

L’ambiguïté est moins grande dans le premier exemple où le premier nom se trouve dans une autre phrase alors que dans le second nous avons une seule et unique phrase. Pour expliciter un tel état de fait et démontrer en même temps l’effet d’emphase, nous chercherons les rapports entre le pronom et le terme qu’il précède.

Dans le premier exemple : « lui Der est victime d’amnésie », le pronom ne peut pas être sujet dans cette forme et dans cette position ; c’est le nom « Der » qui est le sujet du verbe « est ». Le pronom en est une première apparition qui permet une insistance et partant une mise en relief car nous avons une doublure de sujets dont le suivant explicite et éclaircit le premier. Il en est de même du deuxième exemple où nous avons une superposition de compléments :

Un discours dont le contenu et l’idée ne sont ni de lui Diamacoune ni du MFDC

 

A la différence du sujet, le pronom peut se présenter lui seul comme complément. Ainsi l’apparition du nom « Diamacoune » est liée à des effets de style et non à des besoins syntaxiques. Il permet de déplier et de révéler ce que représente le pronom en le mettant en même temps en relief. Ainsi les appositions que nous avons de part et d’autres de ces deux exemples sont : « lui Der » ; « lui Diamacoune ». Nous avons une détermination du pronom par le nom,  et cette juxtaposition qui est un cas de répétition concourt à une véritable emphase.

 

Conclusion

Au terme de notre analyse, nous nous rendons compte, au-delà de ses structures syntaxiques  diverses, que l’apposition se révèle incontestablement comme un moyen de mise en valeur de certains éléments du discours. A travers le rappel lexical ou pronominal dont elle   procède, elle participe d’une intensification et d’une insistance qui ne sauraient laisser indifférent le lecteur (ou l’auditeur). Un tel état de fait expliquerait qu’elle soit récurrente dans nos communications et dans nos discours quotidiens. 

 

Bibliographie

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  • COMBETTES, Bernard. « L’apposition comme unité textuelle et constituant phrastique : approche diachronique ». in  Langue française,  n°1, 2000, pp  90-105.
  • DAUZAT, Albert.  Le génie de la langue française.  Paris : Payot,  1943.
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  • FORSGUEN, M. « Attribut, épithète : même combat prédicatif ? » in Langue française, n°1, 2000, pp 30-45   
  • GALICHET, Georges. A/ « Qu’est ce que l’apposition ? » in  Le français dans le monde,  n°7, 1962, pp 39-40.                                                     B/ Grammaire structurale du Français moderne. Paris- limoges : Charles la-Vauzelle  1967.  
  • Grevisse Maurice et Gosse André. Le bon usage. Bruxelles : Deboeck & Larcier, s.a, 2008, 14e édition
  • LEEMAN, Danielle. « Compléments Circonstanciels ou appositions ? » in Langue française, n°1, 2000,  pp 18-19.
  • MOUNIN Georges. Dictionnaire de la linguistique. Paris : Quadrige / PUF 2006, 4e édition
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  • TAMINE, Joëlle G.   La construction du texte : de la grammaire au style.  Paris : Armand colin, 1998   
  • WILMET, Marc. Grammaire critique du français. Bruxelles : De Boeck & Larcier, 2007, 4e édition

 

Notes:


* Section de Français, Université Gaston Berger de Saint-Louis, Sénégal.

[1]  « Les nomenclatures officielles des pays francophones ne sont pas d’accord sur ce point. La nomenclature française de 1910 n’admettait comme emplois possibles de l’adjectif qualificatif que les fonctions épithète et attribut.  Pourtant celle de 1950-1960 y ajoute l’apposition. Le  code belge de terminologie grammaticale (1957) ne parle pas d’apposition, mais d’épithète détachée. Le code canadien, lui, considère que l’apposition est une véritable fonction de l’adjectif». George Galichet (Le Français dans le monde no  3 – 1957)

[2] George Galichet Grammaire structurale du Français moderne Paris-limoges : édition Charles la-Vauzelle, 1967, pp 133-134.

[3] Albert Dauzat (Grammaire raisonnée pp 111) cité par Georges Galichet dans « Le Français dans le monde »  no  3 – 1957 pp 39 - 40

[4] Andreas Blinkenberg L’ordre des mots en Français moderne Levin  & MUNKSGAARD 1933  pp 5-11

[5] G. Galichet op cit p133.

2 J-G Tamine et A Pelliza , La Construction du texte :de la grammaire au style. Paris : Armand Collin, 1998 pp 49.

3 Andreas Blinkenberg op cit p 5.

[8] Titre socio-religieux au Sénégal

[9]  Nom d’un syndicat d’enseignants

[10]  Un journal

[11], 13 J-G Tamine et A Pelliza, op cit.  pp 44 -45.

[12]  Albert Dauzat,  Le génie de la langue française.  Paris : Payot,  1943, pp 230 - 231

[13] Andreas Blinkenberg op cit  P 5

[14] A. Blinkenberg op cit p 5 - 8

 

 

Tag(s) : #GELL 17 janvier 2013

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